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Fuir sans cesse,
Se mentir à soi,
Se créer un personnage,
Et passer sa vie sous un masque.

C'est ainsi que je fonctionne;
Et sans afficher ma personne,
Je me cache pour mieux voiler,
Ce qui ne doit être vu de ma personnalité.

De mes faiblesses, je tire ma force,
Mais de ma force, il découle des faiblesses.
Jusque là le contrôle fut total,
Mais à présent les doutes s'installent.

L'évolution de ma vie
Implique des bouleversements qui me sont fatals.
Et la peur qu'on puisse y voir mes failles,
Me pousse à faire le tri sur mon chemin.

Je ne suis pas ce que l'on voit,
Même si je veux être ce que je donne à voir.
Mais penser et juger différemment,
Ne peut m'aider à me mélanger au reste des gens.

J'aimerais être comme n'importe qui,
Pouvoir vivre ma vie loin de ce que je suis,
Dévoiler mes sentiments à la face du monde,
Et laisser derrière moi cette ombre obscure qui me suit.

# Posted on Wednesday, 26 July 2006 at 12:40 PM

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Comment savoir où aller,
Quand, pour seule et unique lumière,
L'espoir de pouvoir s'en échapper,
Finalement nous renverse, telle une tempête fonçant sur une galère ?

Fuir la vie pour rejoindre la mort,
Tel est le but ultime de l'existence.
Tant de personnes rejettent ce triste sort,
Alors que cette fatalité n'est autre que notre récompense.

Mais pour trouver la mort, il faut avant tout vivre.
Et c'est enroulés à nos dépends,
Dans une vie aux milles tourments,
Que le destin s'acharne à vouloir nous voir survivre.

C'est alors que l'espoir de quitter ce monde
Nous échappe en l'espace de quelques secondes,
Le temps pour eux de nous voir souffrir,
Et vivre une vie aux tristes sourires.

# Posted on Wednesday, 26 July 2006 at 12:38 PM

Edited on Thursday, 27 July 2006 at 4:52 AM

19 Ans

19 Ans
19 ans.
19 ans d'enfermement,
Et pas un jour de répit.
Sans relâche, on me demande de le tenir en vie,
Mais je ne le veux point, jamais je ne l'ai désiré.

Contraint à la tâche,
Je tente de fuir cette existence absurde,
Mais en vain,
Le destin me rattrape toujours.

Seuls ces deux orifices,
Aussi large qu'est la liberté,
Me permettent de garder un ½il sur le monde,
De voir sans être décrié.

Je ne pense qu'au jour,
Où vidé de toute obligation,
J'aurai accompli ma mission,
Et où le destin me libérera enfin,
Pour me renvoyer dans ce monde qu'est le mien.

Mais comment quitter sa destinée ?
Impossible. Il faut la subir jusqu'à la fin.
Subir la vie pour mériter la mort.
Mais je suis trop lâche pour vivre,
Et trop impatient de mourir,
De tuer ce corps dont la misérable vie ne dépend que de moi.

J'étouffe ; je souhaite partir.
Je n'en peux plus d'attendre qu'elle vienne à moi.
Je décide donc d'aller à elle,
De rejoindre cette bouche qu'est la sienne,
Ce gouffre aux profondeurs obscures,
Où la vie ne m'atteindra plus par ses morsures.

La vie m'emprisonne depuis 19 ans.
Je vois à présent la sortie : droit devant.
Mais je contemple celle-ci en pleurant,
Faute de ne pouvoir l'emprunter pour le moment.

Le destin m'a eut,
Mais la mort m'aura,
Et ce jour là,
Je connaîtrai enfin la joie,
Le bonheur prendra enfin possession de moi.

# Posted on Wednesday, 26 July 2006 at 12:36 PM

Ton Destin Est Entre Ses Mains...

Ton Destin Est Entre Ses Mains...
Ton destin est entre ses mains

« Debout! Tu vas encore être en retard!
- Mais non... J'ai encore du temps. Laisse moi tranquille! »
Comme chaque matin, le réveil fut bien difficile pour Antoine. Il se demandait bien comment faisait sa femme pour être aussi fraîche et vivante après si peu de sommeil.
Après les quelques minutes nécessaires pour bien se réveiller, il finit par se lever, enfilant sa vieille paire de jeans, pour retrouver sa douce et le petit déjeuner, le sourire visiblement perdu durant ce dur réveil, mais qu'il retrouverait sans nul doute après un bon café.
Il passa dans le couloir reliant les diverses pièces de l'étage entre elles, pour descendre l'escalier de bois. A chacun de ses pas, le bruit du vieux chêne craquant parcourait la maison jusque dans la cuisine où Laura préparait de quoi remplir leurs estomacs réclamant désespérément de bonne tartines grillées et beurrées à souhait. Antoine entra dans la cuisine pour s'affaler sur une chaise en attendant soigneusement que les fumées du café lui ravivent de délicieuses sensations vraisemblablement égarées durant la nuit.


XXXXX


« Hugo! As-tu terminé tes devoirs? »
Le petit posa immédiatement ses jouets, referma brusquement sa maison miniature, et courut vers son bureau se jeter dans ses bouquins.
« Non mamie! Pas encore, mais j'ai presque finit! »
La grand-mère ouvrit la porte de la chambre, et surprit effectivement Hugo le nez dans son livre de cours.
« Ne tarde pas trop! Il faut que je puisse vérifier tout cela avant que ta mère ne rentre! » lui lança-t-elle tout en quittant la pièce.
Une fois seul, Hugo descendit de sa chaise, et laissa ses devoirs qui ne servaient à rien, sur le bureau, pour retourner vers ses jouets favoris. Ceux-ci étaient tout ce qu'il y avait de plus banal. Il s'agissait de personnages en plastique évoluant dans un décor incluant maison, jardin et autres accessoires qui permettainet aux parents de se ruiner régulièrement dans le but d'obtenir la dernière nouveauté. Hugo en était fou, et ne pouvait que difficilement les quitter.
Après que sa grand-mère eut quitté sa chambre, il voulut reprendre là où il en était resté. Il ouvrit cette grande demeure artificielle, et retrouva ses petits êtres inertes à l'endroit où il les avait abandonnés quelques instants plus tôt. Ils étaient deux: un homme et une femme. L'un était grand aux cheveux courts et bruns, vêtu d'une vieille paire de jeans noir et d'un T-shirt blanc; l'autre avait les cheveux châtains mi-longs, de taille moyenne, et était vêtu d'une longue chemise descendant jusqu'aux genoux.
Il se remit à jouer, tout en tendant l'oreille pour entendre sa grand-mère arriver.

XXXXX

Antoine trouvait que le petit-déjeuner ne passait vraiment pas vite. Laura lui fit remarquer qu'elle le trouvait plutôt absent, comme si son esprit était retenu ailleurs. Antoine, qui se réveillait lentement, ne fit que très peu attention aux désidératas de sa femme et continua à humer cette odeur de café et de pain tout juste grillé. Mais Laura sortit soudainement son mari de ses pensées:
« A quelle heure as-tu rendez-vous? Lui demanda-t-elle afin de le détacher de ses rêves et le ramener sur Terre.
- Aucune idée.
- Oui, et bien dépêche-toi, parcequ'il est à 10h! » dit-elle en regardant l'horloge qui affichait 9h30.
Antoine qui avait terminé, regagna la chambre afin de se préparer convenablement pendant que Laura rangeait.
Une fois installé dans une tenue correcte, Antoine prit les clefs de la voiture, embrassa sa compagne et partit pour son fameux rendez-vous. Une fois entré dans le garage, il se demanda l'espace d'un instant où il allait, et se souvint qu'il devait rencontrer un agent immobilier pour la vente de la maison qui appartenait à sa mère, décédée depuis peu.
Il mit la clef dans le contact, démarra et quitta la maison.


XXXXX



Hugo choisissait pour tous ses jouets en plastique, une vie qui ne cessait d'évoluer. Il leur avait donné à chacun une personnalité propre, et inventait au jour le jour, ce qui représentait pour les personnages, leur destin.
Comme la plupart des enfants de son âge, Hugo se mettait dans la peau d'un dieu, d'un guide pour tous ces êtres qui vivaient au rythme de sa volonté. Il devenait le créateur, le maître de leur vie.
A tout moment il pouvait choisir d'arrêter de jouer. Ses personnages subissaient une pause forcée dans leur existance sans grande valeur et finalement imposée.


XXXXX


L'heure du déjeuner sonna lorsque Antoine franchit la porte d'entrée de retour de son entretien avec cet agent immobilier. Tout s'était très bien déroulé. Il traversa le couloir et inspecta les pièces dans l'espoir d'y apercevoir sa femme. Il avait très à coeur l'envie de lui annoncer la somme qu'ils allaient empocher pour la vente de la demeure familiale. La salle à manger et la cuisine étaient vides. Le repas n'était pas près. Antoine pensa alors que Laura avait dû se rendormir en l'attendant, et avait vraisemblablement oublié de se réveiller
« Chérie, es-tu là? » lança-t-il en montant l'escalier.
Il ouvrit la première porte sur sa droite et entra dans la salle de bains. Il hurla de terreur à la vue de cette scène qui se jouait devant lui: sa femme pliée sur la baignoire et se vidant abondamment de son sang. Il la retourna, dans l'espoir qu'elle ne soit pas définitivement éteinte, mais c'était, hélas, bel et bien la fin pour elle.
Antoine sombrit en larmes, désemparé.


XXXXX


Le petit Hugo venait de franchir un palier ultime dans la vie d'un jeune garçon. Chaque homme doit un jour atteindre ce cap, celui de la mise à mort, vital pour le bon déroulement de son existance future.
« Hugo! Cria la grand-mère en l'arrachant de ses jouets. Tu étais censé être en train de travailler!
- Oui mamie, dit-il sur un ton lasse. Mais je voulais me détendre quelques instants.
- Ce n'est pas une raison! Et puis va me laver ces mains! Regarde-moi ça! Tu t'es mis du sang partout! Je t'ai déjà dit d'attendre d'avoir un adulte à côté de toi pour t'en servir! Et qu'en as-tu fait?
- J'ai tué Laura, répondit-il fier de son action. Je l'ai aidée à se suicider. »
Hugo se rendait bien compte de l'importance de son avancée dans la découverte de la vie. Malgré son jeune âge, il était doté d'une réflexion peu commune, qui lui permettait de comprendre l'impact de son action. Il n'avait alors pas songé tout de suite à ce que deviendrait la vie d'Antoine, son personnage, à présent seul. Tiendra-t-il le choc? Jusqu'où ira-t-il? Retrouvera-t-il à nouveau le bonheur? Seul Hugo pourra en décider...

# Posted on Wednesday, 26 July 2006 at 12:33 PM